

RÉSIDENCES D'ARTISTES
Lou-Anne Daoust-Filiatrault
Pour sa résidence de cinq jours à 1001 Pots, Lou-Anne Daoust-Filiatrault s'attaquera à l'échelle, celle qui transforme la céramique en langage sculptural. Son projet : créer chaque jour une grande pièce en grès, construite au tour en sections puis assemblée, explorant comment la taille, la modularité et la gravité modifient la perception et l'expérience physique de l'œuvre.
Les pièces seront conçues comme des volumes autonomes ou reconfigurables, capables d'être assemblés en différentes hauteurs et configurations spatiales. Cette approche modulaire, initiée lors de classes de maître avec Stephen Proctor, permet d'expérimenter la relation entre geste, matière et espace : comment la répétition, la proportion et la gravité influencent le mouvement et la lecture d'une œuvre.
Les visiteurs seront invités à suivre l'évolution quotidienne des formes, à observer le jeu entre stabilité et mouvement, à saisir la relation directe entre le geste et la matière. Certaines pièces, après la résidence, seront laissées crues à l'extérieur, un retour à la terre, un cycle complet.
Bourse SODEC, Aide aux entreprises en métiers d'art 2025 · Prix du public, Parcours Céramique Montréal 2023.
Du lundi 20 juillet au vendredi 24 juillet


Roxane Charest
Dans la continuité de sa collection Méandres, Roxane Charest consacrera sa résidence de cinq jours à une exploration des petites formes sculpturales, organiques, minimalistes, accessibles. Des pièces de format moyen à miniature, pensées pour s'immiscer dans la vie quotidienne : sur une table de chevet, entre les plantes, sur le bord d'une étagère. De petits trésors dissimulés partout dans la maison.
Le projet repose sur une intuition : et si le tournage, puis la déformation contrôlée des pièces, permettait de retrouver la fluidité organique du façonnage au colombin, mais plus rapidement ? En raccourcissant le temps de production, Roxane souhaite rendre ces sculptures uniques accessibles à un plus grand nombre. L'art, ici, n'est pas réservé aux cimaises.
Cette résidence marque aussi une étape charnière dans sa pratique : le passage assumé de l'objet utilitaire déjà un peu sculptural vers la forme sculpturale pure, qui n'a besoin d'aucune justification fonctionnelle, si ce n'est celle du plaisir des yeux et de la beauté.
Prix Présentation visuelle, Salon des métiers d'art du Québec 2024 · 1er Prix Évolution, Caisse Desjardins de la Culture 2019
Du Lundi 3 août au vendredi 7 août
Ève-Marie Laliberté
Le projet de résidence d'Ève-Marie Laliberté explore une tension fondamentale : celle entre le contrôle et l'abandon, la rigueur du moule et le caractère aléatoire de la matière. Durant cinq jours, elle créera quatre sculptures en combinant coulage et assemblage de plaques de barbotine en nériage, une technique de superposition de couches d'argiles de couleurs différentes, qui génère des motifs complexes et intriqués.
Ces plaques seront apposées sur des formes moulées tirées de ses objets utilitaires : le vase refroidisseur, l'assiette creuse, le vase boule, le bol à pâtes. L'intention est de transcender l'aspect normé du moule par l'ajout de formes organiques et mouvantes, comme si la matière cherchait à déborder, à s'extraire de son cadre. Le moule devient alors moins un outil de reproduction qu'un point de départ.
Les pièces jouent sur un contraste entre fragilité apparente et solidité réelle, entre objet utilitaire et objet artistique. Ce déplacement brouille volontairement les frontières et interroge la valeur des objets, leur utilité réelle ou symbolique, la place de l'art dans le quotidien.
1er Prix « Tablée festive », ACQ 2025 · 1er Prix « Objet design », Carac'Terre 2025 · Finaliste, La Guilde 2023
Du Lundi 27 juillet au vendredi 31 juillet


Ellora Rangaya
Durant sa résidence de cinq jours à 1001 Pots, Ellora Rangaya se lancera dans un protocole aussi rigoureux qu'exaltant : créer 101 anses, à la main, sans relâche. Ce projet intensif prend racine dans sa démarche historiciste, qui dialogue avec les codes esthétiques des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles tout en les confrontant à la culture contemporaine.
L'anse, ce point précis où l'objet rencontre le corps, concentre à elle seule une complexité remarquable : fonctionnalité, confort, esthétique et harmonie avec la pièce. En travaillant par façonnage et modelage, Ellora en explorera les limites formelles, les courbes, les tensions, les motifs. Chaque anse sera envisagée comme une micro-sculpture autonome, où l'accident et la spontanéité auront toute leur place.
À l'issue de la résidence, les anses les plus abouties deviendront des gabarits ou des matrices de moules, destinés à enrichir le vocabulaire formel de ses collections Heirloom et Corniche. Un espace-temps protégé, loin des impératifs de production, pour nourrir une pratique à long terme.
Prix de la relève, 1001 Pots 2024 · Prix coup de cœur du public, Centre de Céramique Bonsecours 2024
Du Lundi 10 août au vendredi 14 août
Jean-François Bourlard
Jean-François Bourlard est céramiste depuis plus de vingt ans. Sa pratique, profondément expérimentale, est centrée sur la recherche de matières et les techniques de cuisson.
Il travaille les forces et les mouvements que génère la chaleur, en suspension, en rotation, en superposition… pour produire des objets, des sculptures, des installations et des performances d'une énergie brute et inattendue.
En 2012, il reçoit le Prix « L'Œuvre » de la Fondation d'Ateliers Art de France pour son installation monumentale Raku Punk ou la Cuisine du Potier.


Valérie Blaize
Valérie Blaize est céramiste depuis plus de quinze ans. Sa pratique, centrée sur le décor et la mise en récit, s'est progressivement enrichie du dessin, de la performance et de l'installation immersive. La céramique reste le médium principal de sa production : chaque pièce de porcelaine ou de grès devient le support d'une composition singulière, proche du collage, où mots et images détournées rejoignent la surface émaillée. Son travail graphique, nourri d'une pratique quotidienne du dessin, irrigue l'ensemble de sa démarche et les mots y tiennent une place centrale. L'assemblage et le détournement d'objets du quotidien sont également au cœur de sa recherche : en s'appuyant sur le familier, elle invite le visiteur à entrer dans l'œuvre, à la manipuler, à y laisser sa propre trace. Diplômée de l'École des Beaux-Arts de Bordeaux, elle coordonne plusieurs projets pluridisciplinaires en collaboration avec d'autres artistes, et est notamment co-performeuse avec Jean-François Bourlard depuis 2014 sur la performance À table.
En 2026, elle présente 1400° à la Galerie BAG de Bordeaux, projet né de la destruction accidentelle de son four céramique, monté à plus de 1400°C jusqu'à se détruire avec tout son chargement.
Son œuvre, foisonnante et toujours en mouvement, témoigne d'une curiosité sans relâche et d'une capacité rare à renouveler sans cesse les territoires de sa recherche.
Célia Beauchesne
La pratique de Célia Beauchesne se déploie à la croisée de la céramique, de la fibre et de l'estampe. Ce qui l'intéresse : les tensions entre nature et artifice, entre ordre et chaos, entre la rigueur d'un procédé et la liberté du hasard. Ses œuvres tiennent ensemble le mouvement, la mémoire et la transformation.
Pour sa résidence à 1001 Pots, elle poursuivra une recherche engagée durant sa maîtrise à Concordia : faire dialoguer la céramique et l'impression, en traitant la glaçure et l'encre comme deux couches alchimiques parallèles. Son projet : créer une série de pièces murales en porcelaine qui fonctionnent à la fois comme matrices sculptées et comme surfaces d'impression monotype.
Chaque plaque (ornée de reliefs taillés, de détails en colombin, de cadres ornementaux) sera d'abord façonnée, puis imprimée à la sérigraphie à l'aide d'engobes colorés, avant une dernière intervention au four. Les glaçures, les cires de réserve et les pochoirs viendront enrichir la surface, révélant une image à la fois végétale, abstraite et profondément vivante.
Les visiteurs pourront observer cette alchimie en direct : la matière qui reçoit l'image, le feu qui fixe l'imprévisible.
Étudiante à la maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Résidence organisée en partenariat avec l’Atelier de l’Île.


Edmond Rochette Pelletier
Lors de cette résidence, Edmond Rochette Pelletier consacrera son temps à une question aussi simple que radicale : et si la gravité devenait outil de sculpture ?
Son projet prend racine dans une recherche sur le mouvement et la notion de chute. À l'aide d'étampes faites à la main — des sculptures à part entière — larguées en chute libre sur des plaques d'argile engobées, il cherche à inscrire dans la matière le mouvement lui-même : la trajectoire, l'impact, l'imprévisible.
Les premiers jours seront consacrés à la fabrication de ces étampes céramiques. Puis viendra le temps de l'expérience : lancer, laisser tomber, observer ce que la chute grave dans l'argile. Chaque marque est unique, chaque trace, un accident maîtrisé. Les plaques seront ensuite cuites, conservant l'empreinte vivante de chaque geste.
Étampes et plaques seront présentées ensemble, comme un ensemble témoignant de l'expérience : la cause et la trace, le corps et son ombre. Une façon alternative de sculpter, où c'est la gravité, et non la main, qui imprime la forme finale.
Étudiant à la maîtrise en beaux-arts de l’Université Concordia. Résidence organisée en partenariat avec l’Atelier de l’Île.
